Nous avons faim !
Outre être affamés de possessions, de réussite sociale, de célébrité, de sentiment d'exister (qui se traduirait avec les accumulations précédemment citées...) nous avons faim de nourriture, tout bêtement. Et très bêtement aussi. Doit-on rappeller qu'en 2009, 34% de la population Etats-Unienne est obèse*, et que ces chiffres n'ont connu de baisse ou de stagnation au fil du temps ?
Nous exigeons une nourriture abondante et faisons des réserves, même si c'est pour jeter ce qui n'a pas été fini ensuite. Ou racheter ce qui est déjà dans les placards (par sûreté, "parce qu'on en a presque plus", ou par mégarde).
Et manger quoi, comment ? Il suffit d'observer le contenu d'un supermarché pour le savoir... Recrudescence de plats déjà préparés : car on n'a plus le temps de cuisiner. A foison, prenant même plusieurs rayons : les bonbons, chocolats, gâteaux, biscuits, céréales... Tout ce qui contient un aliment diabolisé : le sucre.
Ce sucre se trouve de partout. Il est craint et réclamé : dans les pays développés, on se permet le luxe, si ce n'est le culot, de créer des produits soi-disant diététiques, censés ne pas apporter de sucres et calories. Ces kilos redoutés de ces dames ne seraient sûrement pas pris si l'habitude de grignoter n'existait pas. Or on propose ce genre de produits comme on tend une perche à la consommation de tout et n'importe quoi entre les repas : en résumé les mauvaises habitudes ne sont pas perdues et le problème est contourné.
Les paquets de biscuits et goûters sont des marchandises assez symboliques de la société encourageant l'individualisme dans laquelle on nous enferme. Les "sachets fraîcheur" ou "individuels" incitent à la portion, au chacun-pour-soi, et tendent vers l'absence de partage. Un paquet est conçu pour contenir la quantité "idéale" de nourriture. Or cette quantité est calculée à partir d'une norme, si possible du pubic ciblé (pour enfants ou pour agrémenter le thé de cinq heures...) Mais le métabolisme de chacun n'appartient qu'à soi et n'est défini que par soi. Une norme établie à partir d'une moyenne, c'est le meilleur moyen d'en être exclu, et le meilleur moyen de forger un "idéal" qui guidera le consommateur.
Des biscuits trop vite mangés procurent de la frustration, une "recommandation calorique par jour" dépassée aussi.
De plus ces diaboliques produits produisent énormément de déchets pour ce qu'ils contiennent. Il n'y a pas moins de deux emballage voire trois dans certains cas : le plastique autour du carton, le carton, les barquettes en plastique moulé, les sachets, voire le plastique qui emballe un lot.
C'est aussi quelque chose qui se consomme très rapidement et qui, une fois rentré dans une maison, n'en ressort plus puisque la demande continue. Il faut donc se réapprovisionner souvent, cela oblige à aller faire des courses en grande ou moyenne surface. Le prix des paquets constitue rapidement un certain budget.
La solution à ce cycle infernal de faim, plastique, frustration et pognon n'est pas non plus de se priver et de suivre un régime de carême au nom du refus de la consommation et de la sur-bouffe.
Il est très facile de faire des sablés par exemple, bien plus ludique et cela valorise le savoir-faire, l'inventivité. Les ingrédients de grande surface permettent, au fil du temps, de dépenser bien moins en budget gâteaux. De plus, les faire soi-même leur redonne toute la valeur annihilée par la production industrielle. Le dosage du sucre ne dépend plus d'une usine, et il est garanti que meilleur seront les produits, moins il y aura de produits étranges, colorants, exhausteurs de goûts et conservateurs cachés sous des numéros.
Nous pouvons refuser l'intrusion de "cochonneries superflues" dans les placards. Nous pouvons refuser la nourriture toute faite et lui redonner sa valeur, et dire "non" aux caprices alimentaires sans pour autant se priver.
Bon appétit !
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