21.

21.
Cher monsieur Strutter,
Enfin, supposé, car j'ignore parfaitement qui recevra le mail, et ce n'est là qu'un pseudonyme. Parions que le gusse, sous sa perruque et ses favoris factices, traite le peuple de cons et branleurs mais salue poliment sa boulangère lorsqu'il va acheter son pain, aussi grosse que la dernière truie insultée à l'écran. Ah que c'est facile, ces vidéos pêchées sur le net, de parfaits inconnus, pas de craintes de représailles !

Bref, cette missive s'adresse à quiconque concerné par cet émission à deux balles. Pour dire cela, je ne possède pas cette boîte à conneries et mensonges par omission qui s'appelle « télé » et je suis tombée là-dessus au hasard.

MTV, la chaîne pour ado pré pubères en rébellion. Avec de la musique rien que pour eux, des divertissements et des pubs rien que pour eux et même une image concentrée d'un ado qu'on leur suggère être leur modèle, leur reflet s'ils étaient un peu plus...

Crétins et vides ? Par exemple ! Que c'est bon de jouer l'adolescent rebelle qui sort « bite, poil et couille » dans la moindre phrase. Allez-y, ça va choquer grand-papa et grand-maman, vous verrez, c'est marrant !
Qu'on se foute de la gueule de l'humanité est une chose : se moquer des baleines, traiter de pèquenaud sans le penser le premier gusse venu, c'est facile, trop facile. Et c'est quelque chose qu'on apprend bien vite à faire par soi-même, et si possible avec un peu plus d'humour que cette émission qualifiable de bouse qui prend n'importe quoi sans raison pour lui tenir le crachoir.

Car même l'heure et les avertissements ne sauraient - au contraire, c'est plus excitant hein, comme matter un film de cul à une heure improbable - dissuader le public lambda vidé de toute volonté et scotché devant l'écran de passer outre des conneries pareilles, mais surtout, d'y croire. Car si vous sous-estimez le public, quelquefois c'est l'inverse : le recul n'est pas une chose donnée à tous.

Devrais-je dire « merci » ? Oui, parce que sans la connerie, on ne se sentirait pas intelligent, et c'est grâce à votre usine à jeunes abrutis qu'est MTV - illustrée à la perfection par cette émission - que je croise dans la rue des personnes sans fond, qui rient de tout sans savoir que eux sont les plus risibles dans l'affaire : paumés, sans identité si ce n'est celle pompée sur leurs idoles, figures de la télévision n'ayant d'autre but que de les modeler à leur guise, dans l'esprit, dans leurs goûts et leurs préférences. Et donc que je me sens au-dessus de cette moyenne. Mais faites attention sinon mes chevilles ne pourront plus rentrer dans mes souliers.

# Posté le mardi 08 juillet 2008 14:54

Modifié le jeudi 12 mars 2009 18:28

22.

22.
Je suis une rebelle
Je fouille dans les poubelles
Je suis émancipée
C'est bien mieux pour baiser
Je couche dans la rue
Avec des inconnus
J'ai plein de chiens géants
Qui aboient trop souvent
Je me tape des fix
Et j'ai la haine des flics
Je suis fichée chez eux
Je trouve ce monde dégueu'
J'suis la reine de la rue
Je pense avoir tout vu
Au monop' j'fais la manche
Du lundi au dimanche
Mais en vrai j'ai seize ans
Une famille de parents
Je me prends pour quelqu'un
Alors que je n'suis rien
Qu'une pauvre gosse paumée
En quête d'identité
Et j'suis même pas crédible
Dans ce rôle trop débile
Avec tous mes tatoos
Mes pierçings mes bijoux
J'devrais rentrer chez moi
Mais où c'est, je sais pas.

# Posté le mercredi 09 juillet 2008 20:28

Modifié le jeudi 12 mars 2009 18:28

23.

Un hôpital, c'est horriblement moche, impersonnel, agaçant, les reproductions de tableaux, aquarelles à bas prix et plantes en plastiques devant des murs blancs et des chaises bleues, pour apprendre une sale nouvelle. Le minimum de la dignité, ce serait d'être vraiment à l'aise loin de là pour la recevoir.

23.

# Posté le jeudi 10 juillet 2008 06:28

Modifié le jeudi 12 mars 2009 18:29

24.

24.
J'aimerais mettre quelques mots sur une période de la vie qui prend quelques minutes au total jusqu'à la mort mais représente dans notre tête des heures et des heures qu'on ne voit pas du tout passer. A World of Warcraft, plus tu joues, plus tu as des cernes, à mon jeu, plus on y joue, moins on en a. C'est un jeu qui incite à se laisser bercer au sommeil le sourire aux lèvres, curieux de ce qui va se passer cette nuit là. Car je parle bien entendu du monde onirique...
Les rêves... à chacun les siens, à chacun sa manière de les aborder. Je me dis en me couchant que, du moment que je dors, je rêverai, et j'aurai peut-être la chance de m'en rappeller le lendemain (car sans ça on a pas de bons souvenirs... comme de mauvais d'ailleurs) c'est peut être ce contentement de savoir que je vais me plonger dans un monde délirant qui fait que je n'ai pas de cauchemars... (haha chuis un fou y'a rien qui m'fait peur !)
Donc au coucher il y a ce contentement, cette curiosité de savoir ce qui m'attend. Oui car non contente d'être atteint du syndrôme de "je veux savoir ce qu'il y a au bout de ce sentier que je connais pas et qui fait 30cm de large" la même chose se passe avec les rêves : très impatiente de savoir ce qui m'attend une fois endormie !
Car une fois derrière, pendant une durée courte, c'est le déchaînement, nous pouvons vivre absolument tout et n'importe quoi. L'impossible semble normal et l'irréalisable est présent.
Au réveil lorsque je me souviens de mon rêve, j'essaye de ne pas y penser mais de directement coucher par esprit tout ce dont je me souviens le plus vite possible. Car si on tarde trop, plus on essaye de se rappeller des détails, plus ils fuient. Il ne restera que de grandes lignes peu évocatrices pour les autres mais qui pour nous représentent un souvenir précis et nous renvoient à des scènes qu'on croirait vécues, parsemées de détails.... insignifiants, mais qui donnent le réel à cette scène.
C'est aussi ça qui botte. Tout ça semble si réel et marque autant. Même si l'on distingue parfaitement les rêves de la réalité. Savoir que si on trime toute la journée à bosser des cours chiants qui parlent d'un monde qui... ne nous parle pas trop, justement, cette échappatoire salutaire dans le sommeil est là, et ça va être l'amusement le plus total...
Bonne nuit !

Il est 4 h du mat', je fais une insomnie et j'en souffre beaucoup.

# Posté le vendredi 11 juillet 2008 22:04

Modifié le jeudi 12 mars 2009 18:29

25.

The Grandiloquante
Couine of Kékéland ஐ
was at

St Pierre de Chartreuse
ze 22 juillet

C'est la tête lourde comme après un dodo dans une cuvette de chiottes et une motivation inexistante que je grimpe dans la bagnole pour assister à un évènement qui, à l'heure, me paraît qu'une parole : voir Brigitte Fontaine. C'est parti pour la Chartreuse, rencontres de Brel, avec festival-écolo ainsi que Ginette et Raymond avec leur chansonnettes. Le cadre magnifique de l'endroit et la propagande écolo ramènent beaucoup de vieux hippies et baba-cools de tous les âges. On ne s'y attendait point. C'est pour cela que, Brigitte Fontaine n'étant qu'un élément parmi d'autres (puisque c'est un festoche) il a été difficile de cerner qui étaient les Zazous et les Kékés.

Bon comme le duo qui précédait Brigitte était particulièrement à chier, j'en ai profité pour aller goûter la nourriture faite avec les produits locaux : frites découpées sous nos yeux cuites dans de l'huile de tournesol faite par je-ne-sais-quel gugusse local bio, tartelette miel & noix (fameuse noix de grenoble ?)
Disons que les élucubrations du type accompagné au piano, sous le chapiteau, c'était du réchauffé. L'attitude Baron Baroque aux mimiques efféminées aux mains lestes et à la voix de ténor quand il veut, j'ai déjà entendu/vu ça quelque part... Un humour de merde, des jeux de mots trop rares pour y prendre plaisir, et vas-y que je me prends pour un poète incompris.

A mon grand plaisir il a enfin fini par débarasser le plancher avec son jeu d'acteur formaté. Le temps d'une pause et nous revoilà face à une scène préparée pour Ze Brigitte Fontaine et sa bande !
Ayé, les musiciens s'installent, commencent une mélodie familière et dans les projecteurs bleus, une forme hagarde et lente s'avance, et commence à chanter de sa voix particulière. Hollywood est un arc-en ciel, un immense arbre de noël... Etant donné qu'elle suivait peu la mélodie j'ai eu peur que ce soit ainsi tout le concert. Mais en silence, on reprend religieusement le morceau, et le sceptisme s'efface tout bonnement.
A la fin, hurlements de joie du public, et Brigitte salue. Sur scène également un claviériste, batteur, bassiste et l'homme-en-rouge aux percus/guitare/chant/ect...! Rien à dire sur le son pendant le concert, j'avais peur qu'on n'entende pas Ze Couine mais en fait ça allait tout à fait.
Madame enlève son manteau noir pour dévoiler une espèce de délirante robe en ciré jaune (la robe vermeille des divinités du soleil attention quoi) en plus avec les magnifiques basquettes argentées, quelle classe. Nous eûmes droit à des morceaux que je reconnus ou pas, Welcome Pingouin, Le Nougat évidemment, La Viande (qui bat à sans conteste Ultra Vomit par toute sa poésie...) un de Comme à la radio avec accompagnement muscial, on a droit à quelques unes de ses fameuses citations, nous hurlons de rire lorsqu'elle commente des coulisses un chant sur scène puis se ramène avec des oreilles de Mickey, toujours avec sa démarche un peu de canard, forcée ou bien ? Le trip entre petite fille contente et godess, la lenteur et le silence.
Brigitte devait s'absenter parfois, est-ce les 69 ans qui commençaient à peser... malgré le fait qu'elle salue encore en touchant le sol du nez, on notait des difficultés à démarrer Rififi et de bons gros zaps sur le rappel (l'amour c'est du pipeau) d'ailleurs hautement apprécié !

Mais quel délire !
~Veuillez excuser cette brève introduction de rose dans le blog, cela ne se reproduira plus, merci. ~
25.

# Posté le mercredi 23 juillet 2008 08:20

Modifié le jeudi 12 mars 2009 18:29